19 décembre 2005
Muteeneries - 1
Un jour, j'ai envoyé un message à la rédactrice en chef de Muteen, laquelle m'a répondu. Elle avait ri, elle avait aimé, elle voulait me rencontrer. Que cette femme soit bénie entre toutes, car elle m'a offert ma grande première, l'expérience ultime, le rêve d'adolescente : la presse féminine.
J'ai été publiée une première fois en février, puis la rubrique a cessé faute de pages, on s'étaient trompées d'idées, les pubs, c'est plus rentable et ils ont déjà la bas leur muse à la plume d'aigle. Mais elle a été formelle : il fallait que je continue.
Merci Catherine Nerson, rédactrice en chef de Muteen pour ces encouragements, pour cette confiance témoignée à ma petite tête.
Merci pour m'avoir redonné jeunesse en me proposant "le journal de Fanny, 20 ans" (oui, c'est savoureux en effet) et en y publiant une photo de quand j'avais 15 ans...
Ca peut pas toujours marcher, mais une fois, c'est mieux que pas de fois du tout (oui je vole haut dans les sphères de la philosophie là je sais).
Ca m'a permis d'avoir des idées, des envies, autant de déclics qui aujourd'hui me permettent de mettre en place du vrai projet qui tue, en presse magazine, justement (mais chuuut c'est un secret).
C'est pourquoi je vous livre les textes qui composèrent cette rubrique, le premier, le seul a avoir été publié, et les autres, les suivants (peut-être m'éclairerez nombreux lecteurs de ce blog infernal sur le pourquoi de leur non-publication).
Encore Merci à la grande Catherine Nerson, une belle madame très motivante.
Fanny BERREBI (en quête journalistique (applause, s'il vous plaît)).
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18 décembre 2005
Muteen 2 - Février 2004
LE JOURNAL DE FANNY (20 ANS)
(oui je sais, c’est énorme)
Entre hier et aujourd’hui
Perdu 2 kg. Plus que 13, je suis presque à la moitié de la moitié de la moitié du chemin, pas de raison de désespérer donc.
Bravoo, youpiii, applause, clap clap ! ! Jappe mon entourage, à qui je répète sans cesse que je suis prête à tout pour écrire dans ce magazine.
Aujourd’hui, le miracle a eu lieu, donnant tort à mes velléités de prétatoutisme, et surtout à mon ami Massimo, selon lequel (je cite) : « Ma chérrrie, dis toi qué coucher pour rrréoussir, c'est toujours oune boné moyen dé coucher. »
Dans ces moments là, on a besoin de ses amies.
« Tou fé péter les nichones sourtout »
Merci massimo, mais j’ai dit amies (hi-heu-esse).
Il fut décidé en un sommet d’œstrogène, que nous porterons nos bottes roses en daim, ainsi que des vêtements pas trop corporate, pour éviter la confusion avec la candidate du service compta.
Pour le reste, une préparation digne d’un coaching de haut niveau : « tu proposes des articles, le courrier des lecteurs, les faux témoignages, tout ! ! Sois inventive, sois brillante, sois drôle, sois motivéééeeee, sois toi quoi ! ! ! »
… euh oui … euh …
Je suis arrivée en avance, relativisant au plus haut point le problème du temps qui passe indubitablement moins vite dehors en hiver qu’au chaud dans son lit.
Quand je suis entrée dans l’immeuble, elle était derrière moi, la rédac chef de Muteen, c’est plutôt bon signe si l’on ne tient pas compte du fait que j’ai omis de lui dire bonjour en lui tenant la porte, me faisant ainsi passer pour une polie-mais-associable de grande envergure.
S’en est suivie une bonne heure d’envoyage bouler selon un principe simple et immuable : mes sujets étaient chiants comme la mort, et les faux témoignages, c’est pas l’esprit-maison, madame.
Je suis partie sans la moindre idée de ce que j’allais bien pouvoir écrire.
J’allais relativiser, lorsque soudain ! Un doute affreux m’étreint. Un oubli. Impardonnable, inacceptable, inconcevable….
… J’ai oublié de lui demander où elle avait acheté ses bottes !
A suivre…
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17 décembre 2005
Muteen – Suite et fin
LE JOURNAL DE FANNY (20 ANS)
(oui je sais, c’est énorme)
Aujourd’hui … c’est pas gagné
Je ne désespère pas, d’ailleurs je n’ai pas du tout envie d’un crumble aux pommes, pourquoi ?
**
… J’ai oublié de lui demander où elle avait acheté ses bottes !
Le soir même j’appelle Massimo. Pas de chance je tombe sur Liliana, sa dernière conquête de l’Est.
Jolie, gentille, anorexique.
Vais pas lui parler des bottes, serait capable de s’étrangler avec sa soupe minceur protéinée « suprême de dégueulis en poudre ».
Je ne m’entends pas avec Liliana, pas parce qu’elle est mannequin, blonde pour de vrai jusqu’aux sourcils ou profonde comme une assiette à pizza... Non, honnêtement ! Ca date de ce jour où, alors que je lui faisais gentiment remarquer que, ma grand mère étant polonaise elle et moi avions les mêmes racines, elle m’a regardé fixement comme si je me trouvais d’un coup sur les marches du festival de Cannes vêtue en Sergio Tacchini.
Et puis elle m’a dit : « T’es gentille, arrête de te colorier les cheveux tu vas voir si on a les mêmes racines ! ! ».
…
Il faut vraiment que j’arrête de fréquenter Massimo.
Du coup, j’appelle ma sœur.
En tant que future avocate, couplée depuis onze lunes avec un type sur le front duquel il est écrit en gras : « futur mari » (évidemment y’a pas que sur le front qu’il y a du gras, m’enfin), elle représente pour moi le top du pragmatisme. Tout à fait ce qu’il me faut.
« Attends je t’explique (ça commence bien), t’as déjà pas de quoi payer le loyer complet avec ta pigette de bazar (Muteeeeeen Bazar ? ! ! Je vais t’en faire du futur guacamole moi de celle là ! !), tu ferais mieux de chercher autre chose et vite ma vieille (vieille ? moi ?) parce que si tu veux les bottes de la rédac chef, t’as intérêt à devenir rédac chef ! »
Euh, et le plan de carrière là il me permet de sortir ce soir ? Non parce que j’ai acheté un petit haut sur la route qui ferait du meilleur effet avec ma … ok c’est bon, je me tais.
M’en fous je vais y aller à ma soirée, dussé-je y entraîner de force les trois gros popotins surplombés par mes copines. J’ai trop envie de sortir moi, enfin quoi ! J’ai pas ressenti ça depuis Michael K quand j’étais en 5è (le sosie de William Baldwin). Vous savez, cette impression d’avoir décroché le gros lot au super bingo de la réussite… enfin tout ça c’était avant qu’il ne m’initie à la technique dite du « comment rester digne quand on se fait poser un lapin »… mais passons.
Tiens pour fêter mon nouveau statut de meuf super hype au top de l’asymptote, je vais organiser une soirée hyper top à l’Aristote (la boite, hein, pas le philosophe).
A suivre ...
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